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Le cinéma, fer de lance d’une économie de la culture en Afrique
Écrit par Afrique Avenir   
Dimanche, 29 Novembre 2009 10:30

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespago), qui se tient en biennale depuis 1969 à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, est le plus grand festival africain de cinéma.

Il est aujourd'hui un lieu d'échanges entre les cinéastes africains autant qu'un événement international attirant réalisateurs, producteurs et acteurs venus du monde entier.

Mais le Fespago a aussi contribué au développement de la ville de Ouagadougou qui abrite le siège de nombreuses sociétés de distribution de films, lesquelles dynamisent des secteurs d'activités tels que le tourisme, l'hôtellerie ou le transport.

Dans le sillage du Burkina Faso, d'autres pays africains ont compris le double bénéfice, culturel et économique, qu'ils pourraient tirés d'un investissement dans la production audiovisuelle.

C'est le cas de l'Afrique du Sud qui abrite depuis 1996 le Sithengi Market dont la dernière édition a réuni plus de 20,000 personnes et une soixantaine de sociétés de production originaires d'une vingtaine de pays.

Cette manifestation, à la fois festival de cinéma et marché de l'audiovisuel, est sans équivalent sur le continent.

Car c'est l'aspect "business" qui a primé au départ, avec la création du Marché en 1996 précédant celle du Festival dont la première édition date de 2002.

Sithengi Market, qui se tient dans la ville du Cap, sert de plate-forme aux producteurs locaux et internationaux pour présenter aux acheteurs du monde entier leurs programmes de cinéma, de vidéo ou de télévision.

En réunissant tous les acteurs en un même lieu, cette manifestation parvient à développer des marchés au plan local, continental et international.

Mais l'événement met aussi l'accent sur la formation avec le programme Campus des talents Sithengi, fruit d'un partenariat avec le Festival international du film de Berlin.

Les cinéastes sud-africains savent en tirer profit comme le montre les succès internationaux de Tsotsi, Oscar du meilleur film étranger en 2006, ou de U-carmen Ekhayelitsha, Ours d'or à Berlin en 2005.

Mais le nouvel eldorado du cinéma africain se trouve au Nigéria, avec Nollywood.

Avec près de 2000 longs-métrages produits chaque année, Nollywood est la troisième puissance cinématographique au monde en termes de nombre de films, derrière l'Inde et les Etats-Unis.

L'industrie nigériane du cinéma fait vivre 300,000 personnes et est aujourd'hui, après le pétrole, le deuxième secteur économique du pays.

Presque exclusivement distribués en DVD, à un tarif très bon marché pour éviter l'émergence d'une industrie pirate, les productions Nollyhoodiennes connaissent un succès étonnant depuis leur apparition il y a une dizaine d'années.

On les trouve sur tous les marchés africains mais aussi dans les pays où vivent d'importantes communautés africaines anglophones (Etats-Unis, Royaume Uni, Canada).

Comme leurs homologues indiens de Bollyhood, les cinéastes nigérians ne plagient pas les scénarios hollywoodiens.

Ils produisent des images africaines pour les Africains tels que des satires sociopolitiques, des vaudevilles ou des histoires mêlant traditions et religions.

L'industrie du cinéma au Maroc se porte aussi très bien mais en faisant un autre choix: accueillir le tournage de grosses productions internationales.

Gladiator, Alexandre, La mort dans la peau...les studios et les décors naturels de Casablanca et de Ouarzazate sont en effet une terre d'accueil très prisée par les réalisateurs étrangers.

Une quinzaine de longs métrages internationaux, ainsi qu'une vingtaine de téléfilms, y sont tournés en moyenne chaque année.

Les bénéfices que cette industrie génère, environ 150 millions d'euros par an, alimentent l'économie générale mais servent aussi à financer le cinéma marocain ainsi que le Festival de Marrakech, devenu une vitrine du cinéma de la Méditerranée du Sud.

La Tunisie ouvre également ses portes aux tournages de films étrangers notamment sous la férule de Tarak Ben Ammar, un producteur de renommée internationale ayant à son actif des succès aussi prestigieux que La Traviata de Franco Zeffirelli ou Pirates de Roman Polanski.

Il possède de gigantesques studios de cinéma à Hammamet où il a reconstitué le décor de la Rome antique, et son groupe, Quinta Communication, a multiplié les investissements dans l'audiovisuel européen.

Si l'Egypte, pays producteur et exportateur de films depuis les années trente, reste une locomotive en Afrique de l'Est, d'autres pays de la sous-région semblent désormais gagnés par le virus.

En Ethiopie, un groupe d'industriels de la diaspora a investi près de 10 millions d'euros dans la construction d'un multiplex ultra moderne qui a ouvert ses portes à Addis Abeba en décembre 2007.

Avec près de 3000 clients par semaine, l'investissement est très rentable.

Il incite aussi de jeunes cinéastes éthiopiens à se lancer dans la réalisation de long métrage.

Afrique Avenir